Routes et balades
Dolomites en moto : les cols incontournables
Cols, lacs et routes mythiques : découvrez les Dolomites à moto en une semaine, avec les bons mois pour rouler et les erreurs à éviter.
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À moto, les Dolomites se découvrent surtout par leurs grands cols. Pordoi, Sella, Gardena et Campolongo forment la boucle de la Sella Ronda. Giau, Falzarego, Fedaia et Tre Croci complètent le parcours autour de Cortina d’Ampezzo et de la Marmolada. Prévoyez une semaine pour les enchaîner sans courir, de préférence en juin ou en septembre : les routes sont alors ouvertes et moins chargées qu’en plein été. Le massif est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Il se trouve dans le nord-est de l’Italie, à cheval sur le Tyrol du Sud, le Trentin et la Vénétie.
Les motards apprécient le massif pour sa densité. Une dizaine de cols au-dessus de 1 800 mètres se suivent sur un territoire compact, avec des lacets bien revêtus et des parois verticales qui surgissent à chaque virage. Il y a aussi des contraintes : une forte fréquentation en été, beaucoup de cyclistes et des autorités locales de plus en plus attentives au bruit des deux-roues.
Où se trouvent les Dolomites et pourquoi leur roche est unique
Les Dolomites s’étendent entre la vallée de l’Adige à l’ouest et celle de la Piave à l’est. Elles couvrent les provinces de Bolzano (Tyrol du Sud), de Trente, de Belluno, de Pordenone et d’Udine. Leurs limites restent floues : au sens large, certains géographes y ajoutent les Alpes de Fiemme et les Préalpes vicentines. En 2009, l’Unesco a inscrit neuf ensembles montagneux, soit 141 903 hectares au total. On y compte 18 sommets de plus de 3 000 mètres, dont la Marmolada, point culminant à 3 343 mètres.
Le nom du massif vient de Déodat de Dolomieu, un géologue français qui a décrit à la fin du XVIIIe siècle la dolomie. Cette roche sédimentaire proche du calcaire contient du carbonate de calcium et de magnésium. Les sommets actuels sont d’anciens récifs et lagons formés dans une mer tropicale il y a environ 250 millions d’années, puis soulevés lors de la formation des Alpes. Cette origine explique les tours, les aiguilles et les falaises claires du paysage. Elle explique aussi la teinte rose orangé que prennent les parois au coucher du soleil, que les habitants appellent l’enrosadira.
La région est trilingue : on y parle italien, allemand dans le Tyrol du Sud et ladin dans plusieurs vallées. Un même col porte donc souvent deux noms, par exemple Passo Gardena et Grödner Joch. Avant de partir, enregistrez les deux versions dans votre GPS ou votre application de navigation. Vous éviterez de chercher en vain au bord de la route.
Les cols des Dolomites incontournables à moto
Huit cols forment la base de tout séjour moto dans le massif. Le tableau indique les altitudes arrondies, les vallées reliées et ce que chaque route offre au pilote.
| Col | Altitude (environ) | Relie | Ce qui vous attend |
|---|---|---|---|
| Passo Pordoi | 2 239 m | Canazei (Val di Fassa) et Arabba | De larges lacets réguliers sur les deux versants, avec vue sur le groupe du Sella |
| Passo Sella | 2 240 m | Val di Fassa et Val Gardena | Une route sinueuse au pied du Sassolungo et l’un des plus beaux panoramas du massif |
| Passo Gardena | 2 121 m | Val Gardena et Corvara (Val Badia) | Des virages serrés et une chaussée parfois étroite, sur un col très fréquenté |
| Passo Campolongo | 1 875 m | Corvara et Arabba | Un col court et facile, idéal pour boucler la Sella Ronda |
| Passo Giau | 2 236 m | Selva di Cadore et Cortina d’Ampezzo | Des lacets très serrés et un sommet dégagé face aux Cinque Torri |
| Passo Falzarego | 2 105 m | Cortina d’Ampezzo et Andraz | Une montée fluide, avec le téléphérique du Lagazuoi au sommet |
| Passo Fedaia | 2 057 m | Canazei et Malga Ciapela | Un lac de barrage au pied de la Marmolada et une rampe très raide côté est |
| Passo Tre Croci | 1 805 m | Cortina d’Ampezzo et Misurina | Une route forestière agréable et le départ du sentier vers le lac de Sorapis |
La Sella Ronda, la boucle des quatre cols
La Sella Ronda fait le tour du massif du Sella par les cols Pordoi, Sella, Gardena et Campolongo, sur une cinquantaine de kilomètres. On peut la faire dans les deux sens. Sans arrêt, elle tient en une demi-journée. Avec les pauses photo et un déjeuner en refuge, elle occupe facilement une journée entière. Partez avant 9 h : vous croiserez moins de bus et de cyclistes, et les sommets sont souvent dégagés le matin. Consultez aussi le calendrier local, car certaines journées, ces cols sont fermés aux véhicules à moteur et réservés aux vélos.
Giau, Falzarego et Valparola autour de Cortina
Le Passo Giau a la réputation d’être le col le plus technique du secteur. Ses épingles se suivent sans répit jusqu’à un plateau d’alpages ouvert sur les sommets. De l’autre côté de Cortina, le Falzarego se monte à un rythme plus régulier. Il continue par le Passo Valparola (environ 2 190 mètres) vers San Cassiano et la Val Badia. Au sommet du Falzarego, le téléphérique du Lagazuoi monte vers des galeries creusées pendant la Première Guerre mondiale, qui valent l’arrêt.
Les cols plus calmes pour souffler
Quand les grands cols sont saturés, d’autres routes restent tranquilles. Le Passo delle Erbe (Würzjoch, près de 2 000 mètres) passe sur une route étroite au-dessus du Val di Funes. Le Passo di Costalunga longe le Latemar et le lac de Carezza. Les Passi Rolle et San Pellegrino mènent au sud, vers les Pale di San Martino. Gardez au moins une de ces routes pour une journée où la météo ou l’affluence rend les cols célèbres moins agréables.
Lacs et sites des Dolomites à voir en marge des cols
Plusieurs sites parmi les plus photographiés du massif ne se voient pas depuis la selle. Il faut garer la moto, et parfois marcher plusieurs heures. Voici les principaux :
- Lago di Braies (Pragser Wildsee) : un lac émeraude à environ 1 500 mètres, au fond d’une vallée latérale du Val Pusteria. En haute saison, l’accès motorisé est réglementé, avec des créneaux ou une réservation selon les années. Vérifiez les conditions avant d’y aller.
- Lago di Sorapis : on ne l’atteint qu’à pied depuis le Passo Tre Croci. Le sentier compte quelques passages équipés de câbles, et l’aller prend environ deux heures. L’eau turquoise laiteuse récompense la marche.
- Tre Cime di Lavaredo : une route à péage part de Misurina et monte jusqu’au refuge Auronzo, vers 2 300 mètres. Le tour à pied des trois cimes fait une dizaine de kilomètres.
- Lago di Misurina : au bord de la route, une pause facile sur le chemin des Tre Cime.
- Lago di Carezza : sous le Latemar, à quelques minutes du Passo di Costalunga, avec une courte promenade autour du lac.
Le massif est aussi l’un des berceaux de la via ferrata. Beaucoup d’itinéraires reprennent des passages équipés pendant la Première Guerre mondiale. Ces parcours exigent un baudrier, des longes adaptées, un casque et une vraie expérience du vide. Si ce n’est pas votre cas, faites appel à un guide local. Les grands treks, comme les Alte Vie, se font sur plusieurs jours et demandent une logistique à part, difficile à combiner avec un séjour moto.
Prévoyez des chaussures de marche légères dans le top case et un câble antivol pour attacher casque et blouson. Gardez aussi un peu de monnaie ou une carte pour les parkings payants, nombreux près des lacs.
Quand partir dans les Dolomites à moto pour éviter la foule
Les grands cols sont en général ouverts de fin mai à octobre. Une chute de neige peut toutefois les fermer quelques heures ou quelques jours, même au début de l’été ou à l’automne. Voici comment la saison se déroule :
- Juin : les routes sont dégagées et il reste des névés sur les bas-côtés. Les prairies sont fleuries et la fréquentation reste modérée en semaine.
- Juillet et août : c’est la pleine saison, avec des cols chargés dès le milieu de matinée, surtout autour de la mi-août. Les orages sont fréquents l’après-midi.
- Septembre : la lumière est belle, la circulation plus fluide et les matinées fraîches. C’est souvent le meilleur compromis pour rouler.
- Octobre : les mélèzes jaunissent, mais beaucoup de refuges et de remontées mécaniques ferment. Le gel du matin rend certaines portions glissantes.
Au sommet d’un col, la température peut être inférieure de 10 à 15 °C à celle de la vallée. Choisissez un équipement modulable, avec une couche thermique et une membrane coupe-vent faciles à ajouter ou à retirer. Pour gérer l’écart entre la chaleur en bas et la fraîcheur en haut, voyez nos conseils pour rouler en montagne par forte chaleur, utiles aussi pour les longues liaisons d’approche.
En hiver, le massif devient un domaine de ski. Le forfait Dolomiti Superski donne accès à environ 1 200 kilomètres de pistes, et la Sella Ronda se fait alors à ski. La moto n’y a plus sa place : prévoyez votre voyage entre juin et septembre.
Organiser un roadtrip moto d’une semaine dans les Dolomites
Depuis la France, on rejoint le massif par la Suisse et le col du Brenner côté autrichien, ou par le nord de l’Italie via Milan et Vérone. Dans les deux cas, l’autoroute A22 vous dépose à Trente ou à Bolzano. La Suisse et l’Autriche demandent une vignette pour les motos sur leurs autoroutes, et le réseau italien est à péage. Une liaison par les routes secondaires évite ces frais, mais ajoute une journée au trajet.
Le plus simple est de rayonner depuis un ou deux camps de base plutôt que de changer d’hôtel chaque soir. Canazei ou Arabba conviennent pour la Sella Ronda et la Marmolada. Cortina d’Ampezzo ou la Val Badia sont mieux placées pour l’est du massif. L’ambiance change d’une vallée à l’autre : le Tyrol du Sud est germanophone, avec des menus et des panneaux bilingues, alors que la Vénétie autour de Cortina est italienne. Beaucoup d’hébergements proposent un garage fermé pour les motos. Demandez-le dès la réservation.
- Jour 1 : arrivée par l’A22, puis montée vers Val di Fassa par le Passo di Costalunga et le lac de Carezza.
- Jour 2 : Sella Ronda complète au départ de Canazei, en partant tôt.
- Jour 3 : boucle vers le sud par les Passi San Pellegrino et Rolle, au pied des Pale di San Martino.
- Jour 4 : Passo Fedaia et la Marmolada, puis le Giau jusqu’à Cortina d’Ampezzo.
- Jour 5 : Tre Croci, Misurina, route à péage des Tre Cime, puis le lac de Braies si l’accès est ouvert.
- Jour 6 : Falzarego, Valparola, Val Badia, puis le Passo delle Erbe pour finir sur une route calme.
- Jour 7 : journée tampon pour la météo, une randonnée vers le lac de Sorapis ou le début du retour.
Pour découper vos étapes selon l’heure, l’exposition et les pauses, la méthode pour préparer un itinéraire de balade s’applique très bien au massif. Notez sur votre carte une solution de repli par la vallée pour chaque journée : vous saurez quoi faire si un col est fermé.
Erreurs fréquentes à moto dans les Dolomites et conseils de pilotage
Sur ces routes, la plupart des mauvaises surprises viennent d’une mauvaise préparation plutôt que du pilotage lui-même.
- Surestimer sa moyenne : entre les lacets, les traversées de villages et les arrêts, la vitesse réelle tourne autour de 30 à 40 km/h. Au-delà de 150 à 200 kilomètres de cols par jour, le plaisir laisse place à la fatigue.
- Aborder les épingles comme sur un circuit : les virages serrés à gauche cachent souvent un bus ou un camping-car qui empiète sur votre voie. Restez à droite et regardez loin vers la sortie du virage.
- Sous-estimer les cyclistes : ils sont très nombreux en montée comme en descente. Dépassez-les uniquement avec une bonne visibilité et un large écart latéral.
- Ignorer la question du bruit : plusieurs cols font l’objet de contrôles de vitesse et de bruit. Un échappement non homologué expose à une sanction et nuit à l’image des motards auprès des habitants.
- Descendre en s’appuyant sur les freins : utilisez le frein moteur en rétrogradant, pour garder des freins efficaces jusqu’au bas de la descente.
- Partir avec peu de carburant : les stations-service se trouvent en vallée, pas sur les cols. Refaites le plein avant chaque grande boucle.
- Négliger le ciel de l’après-midi : un orage de montagne apporte grêle, gravillons et chaussée détrempée en quelques minutes. Prévoyez de redescendre avant le milieu d’après-midi.
Si vous avez votre permis depuis peu, prenez le temps de relire les pièges qui guettent les nouveaux motards avant le départ : en altitude, ces erreurs ont des conséquences plus lourdes. Les jours de forte chaleur, faites les liaisons de fond de vallée tôt le matin ou en fin de journée. Pour les trajets d’approche, nos idées d’itinéraires à l’ombre pour l’été vous aideront à ménager vos forces avant les cols.
Faut-il une vignette pour rejoindre les Dolomites en moto depuis la France ?
Oui, si vous empruntez les autoroutes suisses ou autrichiennes. Ces deux pays exigent une vignette pour les motos, et l’autoroute du Brenner applique en plus un péage spécifique. En Italie, les autoroutes sont à péage classique. Un trajet par les routes secondaires permet d’éviter ces frais, mais rallonge nettement le voyage.
Peut-on monter aux Tre Cime di Lavaredo en moto ?
Oui, une route à péage part des environs de Misurina et monte jusqu’au refuge Auronzo, au pied des trois cimes. Le tarif varie selon le véhicule et la saison. Les jours d’affluence, mieux vaut arriver tôt. Le tour complet des cimes se fait ensuite à pied.
Les cols des Dolomites sont-ils accessibles à un motard débutant ?
La plupart des cols ont un bon revêtement et restent accessibles avec une conduite prudente. Le Pordoi, le Campolongo et le Falzarego sont les plus faciles pour commencer. Le Giau, le Gardena et la rampe est du Fedaia demandent plus d’aisance dans les épingles serrées. Commencez par les cols les plus simples et roulez de préférence en semaine.
Combien de jours prévoir pour faire le tour des Dolomites en moto ?
Sur place, comptez cinq à sept jours pour enchaîner les grands cols, voir les lacs et garder une marge en cas de mauvais temps. Ajoutez une à deux journées de trajet à l’aller et au retour selon votre point de départ en France. Un long week-end suffit pour la Sella Ronda, mais pas pour l’est du massif.
L’auteur
Monitrice de conduite moto
Je forme des débutants chaque semaine et je les emmène sur route dès qu’ils sont prêts. Je conçois des balades où le plaisir ne se paie jamais en risques.
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